« Quartiers de Pamplemousse » – Ile Maurice

« J’ai toujours cru que nos poumons étaient comme deux cabas que l’on pouvait ouvrir et fermer selon son humeur.

Ils auraient eu une fermeture éclair que je ne m’en serais pas étonné outre mesure.

Tout ça à cause de Tante Athalie.

Quant nous allions à la mer chaque année pour les vacances de Noël, elle disait, aussitôt descendue de voiture : « Ouvrez bien vos poumons ! C’est de l’iode. C’est bon pour la santé. »

Nous nous mettions en rang sur la plage et nous bombions le torse quatre ou cinq fois, en inspirant profondément.

Les vacances venaient de commencer.

Un toit de paille reposant sur des colonnes en bois de filao, des murs fabriqués avec des arbres du voyageur, qui laissaient entrer de fines lamelles de lumière, un immense jardin où s’étiraient des pruniers sauvages au pied de cocotiers géants de Ceylan, tandis que les filaos maigrichons et longilignes regardaient vers la mer, le tout au milieu d’une végétation arbustive qui contribuaient à la magie du lieu : c’est ainsi que se présentait la Joliette, notre campement à la mer. »

Alain Gordon-Gentil